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08/05/2010

Panique sur les bourses

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L'euro et les bourses européennes sont sous pression à cause des incertitudes liées aux finances publiques de la Grèce. Cédant à la panique, plusieurs places européennes se sont écroulées de plus de 10% sur la semaine. Des voix s'élèvent pour critiquer le taux élevé (5%) des prêts accordés à la Grèce.


Le plan de sauvetage de la Grèce de 110 milliards d'euros n'a pas permis de rassurer les marchés.  Après avoir touché les emprunts d'Etat grecs, espagnols et portugais, la panique a gagné les bourses européennes qui ont dégringolé cette semaine: Bruxelles perd 10,3%, Madrid 13,8%, Lisbonne 12,6% et Milan 10,6%. L'euro, quant à lui, a chuté de 4,5 % en une semaine et s'échange maintenant contre 1,27 dollar, un plus bas depuis mars 2009.

C'est encore et toujours les finances de la Grèce et le risque de contagion à d'autres membres de la zone euro qui sont à la base de ce mouvement de panique. Après la Grèce, le Portugal et l'Espagne sont régulièrement cités sur le liste des pays problématiques. Comment expliquer que l'on s'attaque à l'Espagne dont la dette publique est inférieure, par exemple, à celle des Etats-Unis? “Les fondamentaux de l'Espagne ne sont pas si mauvais”, explique Cinzia Alcidi, chercheuse au Center for European policy studies (CEPS). “La dette publique espagnole est en dessous de la moyenne européenne mais le secteur privé et les banques sont sources d'inquiétudes”. Pour la chercheuse, les attaques contre l'Espagne sont injustifiées et participent d'un mouvement de panique irrationnel.

En qui concerne la Grèce, la situation est beaucoup plus problématique. “Le pays est insolvable et le plan d'aide va lui permettre de souffler durant trois ans”, relate Cinzia Alcidi. Mais des incertitudes planent quant à sa capacité à se financer sur les marchés après ce laps de temps. La cure d'austérité imposée au pays risque également d'être contre-productive et de renforcer considérablement la récession. “Mais il n'y avait pas d'autre solution, la situation est si grave qu'il fallait donner un signal clair aux marchés”, explique Cinzia Alcidi.

La chercheuse estime, par ailleurs, qu'il faut se préparer à l'éventualité d'une restructuration de la dette grecque pour en diminuer le coût et éviter au maximum l'effet de contagion. Pour l'avenir, le CEPS préconise la mise sur pied d'un mécanisme de gestion des crises plus efficace au sein de l'UE, notamment la création d'un fonds monétaire européen.

Des voix s'élèvent, dont celle de Daniel Cohn-Bendit, pour critiquer le taux élevé (5%) des prêts consentis à la Grèce. Le leader d'Europe Ecologie accuse les pays européens de se faire de l'argent sur le dos de la Grèce en empruntant bon marché pour prêter plus cher à l'Etat grec. D'aucuns estiment qu'un taux de 5% n'est pas une aide comparé au taux de 1% pratiqué par la BCE vis-à-vis des banques.

Laurent Lambrecht

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