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13/05/2010

750 milliards pour sauver la zone euro

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Dans la nuit de dimanche à lundi, les dirigeants européens sont arrivés à un accord historique pour sauver la zone euro. 750 milliards d'euros de prêts et de garanties ont été débloqués afin de rassurer les marchés sur la capacité des pays de la zone à honorer leur dette. L'objectif était d'arriver à un accord pour l'ouverture des marchés lundi matin afin d'enrayer la panique. Lundi, les principales places européennes ont réagi de façon euphorique gagnant aux alentours de 7%. Une détente spectaculaire s'est également opérée sur le marché obligataire. L'emprunt grec à dix ans notamment est passé de 12 à 7%. Mais l'eurozone est-elle définitivement sortie d'affaire?


«Ce sont des mesures d'urgence, explique Alexandre De Groote, administrateur délégué de Petercam Institutional Bonds. Tout ce qu'on fait, c'est injecter de la liquidité dans les marchés mais les problèmes de fond sont toujours là. Les investisseurs restent très septiques concernant la Grèce. Le pays doit se serrer la ceinture mais, sans croissance, impossible de diminuer le déficit. A terme, on risque de se diriger vers une restructuration de la dette grecque».

La banque centrale européenne (BCE) s'est également jointe à l'opération de sauvetage. «Elle va soutenir le marché en achetant des obligations, explique Alexandre de Groote. La méfiance à l'égard de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne a engendré des taux invraisemblables. La BCE va donc jouer son rôle d'acheteur en dernier ressort pour assurer la liquidité du marché et éviter un crash global». Il regrette néanmoins la lenteur de la réaction de la BCE. «C'est une bonne décision mais elle aurait dû intervenir il y a 4, 5 ou 6 mois. Cela aurait eu un effet psychologique important et stoppé les spéculateurs».

Il reste que la cure d'austérité décidée parallèlement au plan de sauvetage risque de freiner la croissance. La France, l'Espagne et le Portugal ont déjà fait des annonces en ce sens. « Il va falloir trouver un bon équilibre entre austérité et reprise économique, prévient Alexandre de Groote. L'Espagne vient, par exemple, de mettre fin à une prime de naissance de 2.500 euros».

Pour éviter que la masse monétaire injectée dans le circuit ne favorise l'inflation, la BCE va attirer l'équivalent de l'argent injecté. L'institution basée à Francfort peut notamment vendre des actifs ou attirer l'argent des banques en augmentant la rémunération des dépôts.

La Réserve fédérale américaine va également prêter des montants en dollars à la BCE pour soulager le marché interbancaire. Les craintes entourant la zone euro avaient dissuadé les banques US de prêter des dollars à leurs consoeurs européennes.

Cette nouvelle crise a remis l'accent sur la nécessité de réguler la finance. Si on en est encore loin, Alexandre De Groote estime que cette réforme va finir par intervenir. «C'est une matière compliquée, il faut surtout éviter de laisser des failles dans le système. Il est nécessaire de mettre de l'ordre dans le marché des dérivés. Le gros problème est que les transactions s'y font de gré à gré et qu'on ne peut mesurer l'ampleur du phénomène». Si la matière est complexe, plusieurs freins se dressent devant les tentatives de régulation. «Les hedge funds américains ne veulent pas être trop limités dans leurs pratiques en Europe. Et la City de Londres ne voit pas d'un bon oeil une régulation trop poussée».

Laurent Lambrecht

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