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19/05/2010

Philippe Brossard: "La baisse de l'euro n'est pas un problème"

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Malgré le plan de soutien de 750 milliards à la zone euro, la devise européenne ne cesse de chuter. Lundi, elle a atteint un plus bas de quatre ans à 1,22 dollar. Pour Philippe Brossard, président de Macrorama, la baisse de l'euro est davantage une solution qu'un problème. La monnaie européenne est historiquement surévaluée par rapport au dollar et sa baisse ne fera que booster les exportations européennes.


Philippe Brossard ne voit pas de problème particulier dans les baisses successives que connaît l'euro depuis quelques semaines. « Les fluctuations que l'on constate s'inscrivent dans une histoire de l'euro très volatile, explique-t-il. Depuis sa création, la devise a varié entre 0,80 et 1,50 dollar ». Et au plus l'euro baisse, au mieux se portera l'économie européenne. « Cela va stimuler les exportations et amener des investissements en Europe », poursuit-il.

Depuis 1999, l'euro vaut en moyenne 1,18 dollar. Pour Philippe Brossard, c'est beaucoup trop et cela nuit à la compétitivité européenne. « Les économistes fixent en général la parité de pouvoir d'achat à un dollar pour un euro. La devise européenne est donc en moyenne surévaluée de 20% ». L'écueil à ne pas franchir est toutefois un effondrement de l'euro qui ferait exploser les taux d'intérêt. Mais on n'en est pas là: « Les taux d'intérêt moyens sont restés bas en Europe à l'occasion de la crise grecque ».

Pour Philippe Brossard, les taux d'intérêt expliquent également la faible croissance que connaît l'Europe depuis des années par rapport à celle des Etats-Unis. « Depuis dix, quinze ans, les taux d'intérêt réels sont en moyenne plus élevés en Europe qu'aux Etats-Unis. Ceci combiné à la surévaluation de l'euro expliquent le peu de vigueur de la croissance européenne ».

Si la baisse de l'euro constitue un avantage pour les exportations européennes, il ne faut pas oublier les conséquences négatives de la crise des finances publiques. « La chute des bourses a toujours des conséquences sur l'économie réelle. Cela représente une perte pour les entreprises et les ménages qui investissent moins ou épargnent plus ». Entre l'annonce du plan européen le lundi 10 mai et aujourd'hui, les places européennes sont toutefois globalement restées en équilibre.

Le plan de sauvetage de la zone euro n'a donc pas pleinement convaincu les marchés. Les cures d'austérité annoncées parallèlement un peu partout en Europe ont tendance à effrayer les investisseurs. « Le sauvetage ne peut être que financier, selon Philippe Brossard. Les marchés pensent, à juste titre, que pour améliorer le ratio dette/PIB, il va falloir d'abord engager des politiques de croissance avant de diminuer l'endettement ». L'inflation serait d'ailleurs positive pour l'économie européenne. « Un peu d'inflation dans le système permettrait de réduire l'endettement des acteurs qui se sont endettés à taux fixe ».

Laurent Lambrecht

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