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03/08/2010

Bientôt plus de cultures OGM en Europe?

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La Commission européenne propose de laisser une plus grande marge de manœuvre aux Etats membres pour interdire la culture OGM sur leur territoire. En échange, ils ne devraient plus bloquer le processus d'autorisation européen. Les associations environnementales pointent le risque de dissémination transfrontalière.


Le mois dernier, la Commission européenne a proposé de modifier la législation sur l'autorisation des cultures OGM en Europe. José Manuel Barroso en avait fait la promesse avant son renouvellement de mandat à la tête de l'exécutif communautaire. La réglementation actuelle prévoit que les Vingt-Sept se mettent d'accord à la majorité qualifiée pour ou contre la culture d'une variété d'OGM dans toute l'Europe. Comme l'opposition entre pro et anti-OGM ne permet généralement pas de dégager un consensus, la décision revient alors à la Commission européenne. « Mais celle-ci fait généralement marche arrière car l'opposition aux OGM est trop grande en Europe », explique Jonas Hulsens, chargé de campagne Agriculture durable et OGM chez Greenpeace Belgique.

Depuis plusieurs années, l'industrie biotechnologique se casse les dents sur l'opposition européenne aux OGM. Les prévisions de croissance des cultures génétiquement modifiées n'ont pas atteint les objectifs fixés par le secteur sur le Vieux Continent. Actuellement, seuls deux OGM -le maïs Mon810 de Monsanto et la pomme de terre Amflora de BASF- sont autorisés à la culture dans l'Union. Ces autorisations sont valables dans toute l'Europe et les pays voulant les interdire sur leur territoire doivent se baser sur une clause de sauvegarde complexe justifiée par des motifs environnementaux et sanitaires.

« Actuellement, toute une série d'Etats membres bloquent systématiquement le processus d'autorisation européen, relate Jonas Hulsens. Le marché proposé par la Commission consiste à élargir les critères d'interdiction pour chaque Etat membre en échange de l'arrêt du blocage des autorisations de mise en culture ». Les pays anti-OGM pourraient en plus des motifs sanitaires et environnementaux invoquer des motifs éthiques et de respect des différentes filières agricoles.

Jonas Hulsens craint une accélération du processus d'autorisation ainsi qu'une augmentation du nombre de variétés d'OGM cultivées en Europe. Selon Greenpeace, il y a également un risque de contamination transfrontalière. « Le problème principal réside dans les lacunes de l'évaluation à long terme des effets des OGM sur la santé et l'environnement, rappelle Jonas Hulsens.

A ce jour, six pays -Espagne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Pologne et Slovaquie- cultivent le maïs Mon810 de Monsanto tandis que six autres l'ont interdit: France, Allemagne, Autriche, Luxembourg, Grèce et Hongrie. Trois autres Etats membres ont interdit la culture de la pomme de terre Amflora de BASF.

A côté de la problématique de la mise culture des OGM, se profile celle de leur commercialisation. Selon la proposition de la Commission européenne, un Etat membre ne pourrait interdire la commercialisation d'un OGM sur son territoire une fois l'autorisation communautaire délivrée. La Commission a d'ailleurs autorisé la semaine passée l'importation de six maïs génétiquement modifiés destinés à l'alimentation humaine et animale.

La Commission lâcherait-t-elle du lest d'un côté pour favoriser l'importation de l'autre? «C'est difficile à dire, la résistance à la commercialisation a toujours été moindre, nuance Jonas Hulsens. Il y a déjà beaucoup d'OGM autorisés à l'importation, la plupart pour l'alimentation animale ».

Laurent Lambrecht

14:45 Publié dans OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ogm, commission européenne

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