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25/09/2010

Les marchés inquiets pour la dette belge

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 La chronique économique de Bruno Wattenbergh sur Twizz 

On le sait, la situation politique de notre pays fait couler beaucoup d'encre. Les récentes interrogations autour d'un scénario séparatiste ont amené les marchés à se pencher sur le niveau élevé de notre dette publique.

L’indicateur de cette préoccupation, ce sont les Credit Default Swap (CDS) qui permettent de s’assurer contre un défaut de paiement moyennant une prime calculée en points de base. Plus le risque est élevé, plus la prime est chère.

 

 


Cet été en près de 3 mois, le coût du spread des CDS à 5 ans avait triplé pour atteindre 150 points de base. Cette semaine, il est encore autour de 140 points de base ce qui signifie plusieurs choses.

D’abord, qu’il y a une inquiétude réelle sur l’avenir de la dette belge. On connaît le scénario catastrophe: des perspectives de séparation du pays augmentent le coût de la dette parce que le rating du risque des régions n’est pas aussi bon que celui d’un état.

Ensuite, si on ne sépare pas le pays, la paralysie engendrée par les affaires courantes empêche de réformer un état qui n’est plus vraiment équipé pour faire partie des pays qui gagnent en Europe. On peut penser à la sécurité sociale, à la compétitivité et surtout à l’éducation qui dans le schéma actuel sort trop peu de jeunes citoyens aptes à réussir leur vie en contribuant à la réussite socioéconomique du pays.

Un chiffre révélateur, le taux des CDS indique que, selon les marchés, il y aurait un risque de 11,36% de défaut sur la dette belge dans les 5 années à venir.

Moins grave que dans les pays PIIGS

Mais la situation n'est pas aussi grave que dans les pays PIIGS- Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne. Au niveau des CDS, la Belgique en est à 140 points de base et à un rating B au niveau des agences de notation. L’Espagne et le Portugal atteignent respectivement 230 et 350 points du point de vue des CDS. Par ailleurs, l'ensemble des PIIGS sont en-dessous du rating B au niveau des agences de notation.

Mais cela n’empêche pas les médias financiers de s’inquiéter. L’Echo cite ainsi le Magazine Business Insider pour qui la Belgique pourrait être la première défaillance souveraine en Europe.

On ne peut pas gagner sur tous les tableaux: avoir un des états providence les plus généreux du monde, avoir vécu à crédit depuis la crise pétrolière, se chamailler, menacer de scinder le pays, tarder à s’entendre pour le réformer … et en même temps espérer que nos bailleurs de fonds continuent à nous faire confiance.

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