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28/01/2011

Une délocalisation qui pose question

La Chronique de Bruno Wattenbergh sur Twizz Radio

Alors Bruno, de quoi parlons-nous ce matin ?

Et bien d’industrialisation Philippe … Je vais vous raconter une petite histoire qui ne me fait pas rigoler du tout ! Je lisais dans le NY Times la semaine passée qu’une usine allait délocaliser ses activités et quitter le Massachussetts, cet Etat américain du nord, dans une région très technologique, pas loin de Boston.

Ce qui n’a a priori rien d’exceptionnel ? Une usine qui délocalise c’est rentré dans notre culture de pays développé !

Cet exemple, comme vous allez le voir est perturbant et devrait nous pousser à profondément nous interroger sur le futur de notre économie ou les jobs qui resteront à nos enfants ! L’entreprise s’appelle Evergreen, c’est le 3ème plus grand fabricant de panneaux solaires aux USA. Elle a bénéficié d’une aide importante de l’Etat du Massachussets - 43 millions de $ d’aides publiques ces dernières années - pour développer une usine pas loin de Boston sur une ancienne base militaire, où j’ai séjourné à l’époque d’ailleurs, mais aussi 22 millions de $ de crédit d’impôts.  Le problème Philippe, elle vient d’annoncer qu’elle fermait cette usine, licenciant fin mars 800 employés pour délocaliser sa production en Chine ! Ca ce sont les faits, mais l’explication laisse pantois : le directeur de l’entreprise a expliqué que les Etats-Unis n’aidaient pas assez les entreprises par rapport aux aides disponibles en Chine.

Des aides chinoises intensives et multiples ?

Oui quelques chiffres … le coût mensuel en Chine pour un travailleur, c’est 300$, dans l’usine américaine, +- 5.400$, mais effectivement, ce qui aurait fait la différence, ce sont les prêts octroyés par les banques locales, avec des taux d’intérêt très bas et dont le capital et ces intérêts ne sont remboursés que des années plus tard ! Ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis … Evergreen ayant en effet rencontré des difficultés d’accès au financement et de hauts taux d’intérêts.

Des aides qui violeraient cependant les règles de l’OMC ?

Probablement. La Chine se justifie en arguant du fait que cette intensité serait justifiée parce qu’il s’agit de technologies vertes ! En fait les règles de l’OMC prévoient que ce type d’aides aux technologies vertes ne peut impacter l’exportation … amusant alors que la Chine fabrique aujourd’hui la moitié des panneaux solaires produits dans le monde.

Plus incroyable, c’est quelques mois seulement après avoir installé sa toute nouvelle usine à Fort Devens, que l’entreprise a démarré des négociations avec les autorités chinoises !

Bon OK … mais au-delà des faits ?

D’abord on peut s’interroger s’il sera encore possible dans le futur de fabriquer, de manufacturer des produits, même technologiques dans nos pays développés ? Ok les prix des panneaux ont dégringolés ces dernières années, même ces derniers mois. OK ce n’est pas de la toute nouvelle technologie. OK la Chine est l’atelier du monde … mais quand même !

Ensuite, on peut se poser la question des aides publiques … Aux Etats-Unis d’abord … dans le pays libéral par excellence, on constate que les aides sont très intensives, comme les crédits d’impôts … comme chez nous finalement. Mais le cocktail, bas coût du travail, financement performant, aides publiques, même si l’Europe l’a inventé, marche encore mieux en Chine … qui apprend vite !
Une autre réflexion, c’est l’importance du financement dans la décision de délocaliser. Les banques locales chinoises sont blindées de cash pour parler comme les jeunes …

Les américains sont donc furieux !

Oui Philippe, alors qu’ils étaient dépendants du Moyen-Orient pour leur énergie, et on sait l’impact de cette dépendance sur la géopolitique, les américains se rendent compte aujourd’hui qu’ils dépendent de plus en plus de la Chine que ce soit pour le solaire ou pour l’éolien … la Chine étant devenu leader dans les équipements de ces deux modes de production énergétique.

On peut donc s’interroger sur ce qu’on va bien pouvoir encore produire en Europe ou aux Etats-Unis ?

Oui ou plutôt qu’est ce que les Chinois ne sont pas capables de produire aussi bien que nous et moins cher ? J’ai de plus en plus la conviction que nous mobilisons trop de moyens et d’énergie pour soigner les conséquences sociales de la crise économique, et que nous négligeons de préparer notre société à l’évolution du monde globalisé !   innovation, R&D, formation, éducation, entrepreneuriat !

25/01/2011

Bulle en formation sur l’or et l’argent

Le métal jaune et l’argent ont fortement progressé en 2010 mais cela pourrait s’arrêter.

Les cours des matières premières sont en hausse constante depuis six mois voire plus pour certaines d’entre elles. Du côté des métaux précieux, en 2010, l’argent s’est offert un gain de 85 % alors que l’or a grimpé de pratiquement 38 % en euros. Ces rendements sont à comparer avec ceux des places boursières, souvent nettement plus modérés. Les performances de Bruxelles (+ 2,7 %), Paris (-2,8 %), Amsterdam (+ 6 %) ou même Francfort (+ 16 %) ont été clairement en retrait. Pour en revenir à l’or, son cours a quadruplé sur la décennie écoulée. Cela signifie-t-il qu’il s’agit là d’un investissement sans risque ?

Pour Jiri Baert, Fund manager à la Deutsche Bank, il existe des arguments en faveur du métal jaune mais il décèle également les signes d’une bulle en formation. "Parmi les éléments positifs, on peut pointer la demande des banques centrales (notamment des pays émergents) qui sont devenues acheteuses nettes d’or pour la première fois en 2009 avec 400 tonnes achetées, explique Jiri Baert. Il y a aussi la reprise économique qui dope la demande des bijouteries et à des fins industrielles". Par ailleurs, les nombreuses liquidités injectées dans le système financier auraient tendance à se diriger vers l’or, considéré comme une valeur refuge. Dernier élément favorable au métal jaune, son prix qui, corrigé de l’inflation, n’a pas encore atteint son sommet de 1980, estimé à 1 800 dollars l’once.

Du côté des éléments défavorables, Jiri Baert pointe une demande pour le métal jaune avant tout spéculative. "En 2000, plus de 90 % de la demande venait de l’industrie, explique-t-il. En 2009, la part de l’industrie est tombée à 60 % tandis que les investisseurs s’octroyaient plus de 30 % de l’or produit". Et comme les détenteurs de métal jaune ne bénéficient pas de coupons ou de dividendes, "les investisseurs pourraient se diriger vers les obligations et les actions avec la remontée des taux d’intérêt et des valorisations boursières". " En cas de prises de bénéfices sur l’or, le mouvement pourrait rapidement s’amplifier avec les ventes automatiques des fonds d’investissement", prévient Jiri Baert.

L’argent a également connu une hausse importante en 2010 mais prouver que celle-ci est spéculative serait moins aisé. "La demande provient traditionnellement en grande partie de l’industrie et des bijouteries, explique Jiri Baert. Mais il s’agit tout de même d’un placement délicat avec des possibilités de gros reculs après une phase ascendante tirée récemment par la création de trackers financiers". Pour ceux qui veulent parier sur l’or ou l’argent, il conseille d’investir dans des fonds miniers.

Laurent Lambrecht

13:45 Publié dans marchés | Lien permanent | Commentaires (0)

11/01/2011

Le sauvetage du système financier a coûté 15 milliards d'euros à l'Etat belge

Le mois dernier, la Cour des comptes a adopté le rapport de suivi évaluant l'impact des mesures de soutien au système financier sur la dette belge. Injections de capital, octrois de crédit et de garantie ont, en effet, permis à plusieurs institutions financières d'éviter la faillite dans la foulée de la crise financière. Un rapport avait déjà été rédigé fin 2009 chiffrant la facture globale. Celui-ci a été mis à jour avec les dépenses et rentrées de 2010.

 Le gros des dépenses avait été réalisé en 2008 avec les sauvetages de Fortis, Dexia, Ethias et KBC se chiffrant à 20,020 milliards d'euros. L'année suivante, l'Etat a prêté 160 millions d'euros à la banque Kauphting et injecté 141 millions d'euros dans le capital du véhicule regroupant les produits structurés de l'ex-Fortis. L'année écoulée, s'est ajouté le prêt de 758 millions d'euros consenti à la Grèce. Voilà pour le poste des dépenses. L'Etat touche également une rémunération sur les garanties qu'il octroie ainsi que des remboursements en intérêts et capital sur ses prêts.

 Selon des chiffres arrêtés au mois de septembre 2010, la Cour des comptes évalue à 15,03 milliards d'euros la facture totale de la crise financière. En réalité, l'Etat a dépensé 21,08 milliards d'euros en prêts et/ou injections de capital mais il a reçu en contrepartie 6,048 milliards d'euros. Le rapport ne prend pas en compte l'intérêt que l'Etat paye sur l'argent emprunté. Selon la Cour des comptes, les charges d'intérêt découlant des opérations de financement sont estimées à 904 millions d'euros entre septembre 2008 et août 2010. Cependant, malgré l'augmentation du volume de la dette, les charges d'intérêt n'ont pas augmenté en raison de la baisse générale des taux d'intérêt. Les charges d'intérêt de la dette sont estimées à 11,4 milliards d'euros pour 2011 alors qu'elles étaient de 12 milliards en 2008.

 Même si les garanties de l'Etat n'ont jusqu'à présent pas été exécutées, le rapport de la Cour des comptes pointe les incertitudes qu'elles font peser sur les finances publiques. En outre, les engagements pris en faveur de la Grèce et du mécanisme européen de stabilisation ont encore augmenté l'ampleur de cette incertitude.

 Laurent Lambrecht