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25/01/2011

Bulle en formation sur l’or et l’argent

Le métal jaune et l’argent ont fortement progressé en 2010 mais cela pourrait s’arrêter.

Les cours des matières premières sont en hausse constante depuis six mois voire plus pour certaines d’entre elles. Du côté des métaux précieux, en 2010, l’argent s’est offert un gain de 85 % alors que l’or a grimpé de pratiquement 38 % en euros. Ces rendements sont à comparer avec ceux des places boursières, souvent nettement plus modérés. Les performances de Bruxelles (+ 2,7 %), Paris (-2,8 %), Amsterdam (+ 6 %) ou même Francfort (+ 16 %) ont été clairement en retrait. Pour en revenir à l’or, son cours a quadruplé sur la décennie écoulée. Cela signifie-t-il qu’il s’agit là d’un investissement sans risque ?

Pour Jiri Baert, Fund manager à la Deutsche Bank, il existe des arguments en faveur du métal jaune mais il décèle également les signes d’une bulle en formation. "Parmi les éléments positifs, on peut pointer la demande des banques centrales (notamment des pays émergents) qui sont devenues acheteuses nettes d’or pour la première fois en 2009 avec 400 tonnes achetées, explique Jiri Baert. Il y a aussi la reprise économique qui dope la demande des bijouteries et à des fins industrielles". Par ailleurs, les nombreuses liquidités injectées dans le système financier auraient tendance à se diriger vers l’or, considéré comme une valeur refuge. Dernier élément favorable au métal jaune, son prix qui, corrigé de l’inflation, n’a pas encore atteint son sommet de 1980, estimé à 1 800 dollars l’once.

Du côté des éléments défavorables, Jiri Baert pointe une demande pour le métal jaune avant tout spéculative. "En 2000, plus de 90 % de la demande venait de l’industrie, explique-t-il. En 2009, la part de l’industrie est tombée à 60 % tandis que les investisseurs s’octroyaient plus de 30 % de l’or produit". Et comme les détenteurs de métal jaune ne bénéficient pas de coupons ou de dividendes, "les investisseurs pourraient se diriger vers les obligations et les actions avec la remontée des taux d’intérêt et des valorisations boursières". " En cas de prises de bénéfices sur l’or, le mouvement pourrait rapidement s’amplifier avec les ventes automatiques des fonds d’investissement", prévient Jiri Baert.

L’argent a également connu une hausse importante en 2010 mais prouver que celle-ci est spéculative serait moins aisé. "La demande provient traditionnellement en grande partie de l’industrie et des bijouteries, explique Jiri Baert. Mais il s’agit tout de même d’un placement délicat avec des possibilités de gros reculs après une phase ascendante tirée récemment par la création de trackers financiers". Pour ceux qui veulent parier sur l’or ou l’argent, il conseille d’investir dans des fonds miniers.

Laurent Lambrecht

13:45 Publié dans marchés | Lien permanent | Commentaires (0)

11/01/2011

Le sauvetage du système financier a coûté 15 milliards d'euros à l'Etat belge

Le mois dernier, la Cour des comptes a adopté le rapport de suivi évaluant l'impact des mesures de soutien au système financier sur la dette belge. Injections de capital, octrois de crédit et de garantie ont, en effet, permis à plusieurs institutions financières d'éviter la faillite dans la foulée de la crise financière. Un rapport avait déjà été rédigé fin 2009 chiffrant la facture globale. Celui-ci a été mis à jour avec les dépenses et rentrées de 2010.

 Le gros des dépenses avait été réalisé en 2008 avec les sauvetages de Fortis, Dexia, Ethias et KBC se chiffrant à 20,020 milliards d'euros. L'année suivante, l'Etat a prêté 160 millions d'euros à la banque Kauphting et injecté 141 millions d'euros dans le capital du véhicule regroupant les produits structurés de l'ex-Fortis. L'année écoulée, s'est ajouté le prêt de 758 millions d'euros consenti à la Grèce. Voilà pour le poste des dépenses. L'Etat touche également une rémunération sur les garanties qu'il octroie ainsi que des remboursements en intérêts et capital sur ses prêts.

 Selon des chiffres arrêtés au mois de septembre 2010, la Cour des comptes évalue à 15,03 milliards d'euros la facture totale de la crise financière. En réalité, l'Etat a dépensé 21,08 milliards d'euros en prêts et/ou injections de capital mais il a reçu en contrepartie 6,048 milliards d'euros. Le rapport ne prend pas en compte l'intérêt que l'Etat paye sur l'argent emprunté. Selon la Cour des comptes, les charges d'intérêt découlant des opérations de financement sont estimées à 904 millions d'euros entre septembre 2008 et août 2010. Cependant, malgré l'augmentation du volume de la dette, les charges d'intérêt n'ont pas augmenté en raison de la baisse générale des taux d'intérêt. Les charges d'intérêt de la dette sont estimées à 11,4 milliards d'euros pour 2011 alors qu'elles étaient de 12 milliards en 2008.

 Même si les garanties de l'Etat n'ont jusqu'à présent pas été exécutées, le rapport de la Cour des comptes pointe les incertitudes qu'elles font peser sur les finances publiques. En outre, les engagements pris en faveur de la Grèce et du mécanisme européen de stabilisation ont encore augmenté l'ampleur de cette incertitude.

 Laurent Lambrecht

02/12/2010

Joseph Pagano: "Des nouveautés intéressantes"

La semaine passée, Johan Vande Lanotte a remis sa note de compromis aux sept partis engagés dans la formation d'un gouvernement. Joseph Pagano, professeur de finances publiques à l'université de Mons, passe en revue les points liés à la loi de financement.

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